Paléoécologie / Ecologie

Dispositif antiprédation

Certains brachiopodes du groupe des Mickwitziidés, avait sans doute trouvé le moyen d'éloigner des parasites gênants. Par l'intermédiaire de sa coquille munie d'une multitude de petites pores ou punctae, l'animal éjectait un produit chimique, se débarrassant ainsi de son agresseur.

Alimentation

Des études histo-enzymiques ont prouvé que les brachiopodes ont adopté un régime omnivore. Ces filtreurs suspensivores pompent et brassent l'eau de mer avec leurs branchies pour la filtrer et de récupérer ainsi les micro-organismes planctoniques (diatomées, dinoflagellées, foraminifères, spicules d'éponges, larves de mollusques et d'echinodermes, soies de vers...). Mais concrètement comment cela fontionne ? Des puissants muscles ouvrent la coquille et laissent ainsi pénétrer l'eau des deux côtés, entrainée par le battement des cils. Les particules alimentaires, comestibles ou non, sont captées par les cils frontaux du manteau. Une sécrétion de mucus émis par les tentacules permet d'agglutiner les fragments de nourriture pour les diriger finalement vers la bouche. De temps en temps les particules non comestibles sont rejetées par l'animal.nde

Commensalisme et parasitisme...

Non, la touffe sur bord externe de cette coquille n'appartient pas à la térébratule. Ce sont des algues, bryozoaires... qui y avaient élu domicile. Comme d'autres formes de vie epibenthiques et sessiles, les coquilles des brachiopodes sont souvent encroûtées d'autres suspensivores, qui profitent ainsi de leurs hôtes, sans trop leur porter préjudice.Toutefois, il n'y a que très peu de "vrais" parasites qui s' y attaquent, juste quelques trématodes, protozoaires, gastéropodes....

Perforation sans doute due à un vers polychète.
Tubes de vers polychètes sur une coquille d'Obovothyris.
Petite éponge calcaire fixée sur la valve brachiale de Ferrythyris.

Chaîne alimentaire

Alors que les brachiopodes sont des microphages et se nourrissent de zooplancton, à leur tour ils sont dévorés par les poissons,

les reptiles, les gastéropodes et autres crustacés.

Milieu de vie

Les brachiopodes actuels vivent dans presque tous les milieux marins, ce qui démontre une certaine faculté d'adaptation. Les inarticulés sont particulièrement littoraux. Les articulés occupent, soit les eaux froides et profondes (Rhynchonellacés), soit des plus faibles tranches d'eau plus ou moins chaude. En ce qui concerne leurs ancêtres fossiles, ils occupaient aussi des niches écologiques très diversifiées, même si la plupart se trouvaient dans des eaux peu profondes. La survie des brachiopodes est étroitement liée à salinité de l'eau, à la nature de leur nourriture et du substrat. Ils ne tolèrent guère les variations importantes. Une exception néanmoins, les Lingules, avec environ une quinzaine d'espèces dont la plus connu est Lingula anatina (Lamarck), vivent près des côtes et en eau plus au moins saumâtre.

Vivre seul ou...

Nombreux sont les espèces qui vivaient ou vivent encore en colonies.

Une petite "colonie" de térébratules actuelles
Epithyris un exemple du Jurassique moyen

Cependant, il y a aussi des exemples de vie solitaire. C'est le cas de :

Terebrirostra, une espèce à long rostre des craies crétacées.
Terebratalia transversa (Sow.) est un animal solitaire, qui vit, caché sous les rochers dans les zones intertidales à subtidales des côtes américaines.

Petit peuple des fonds

A côté des brachiopodes qui composaient la macrofaune des biohermes à spongiaires oxfordiens (Moeschia, Argovithyris, Lacunosella...), il existait aussi une microfaune quelque peu ignorée : Thécidées, Craniidées...

Rioultina virdunensis (Buv. 1852), forme triangulaire millimétrique, appartenait à ces espèces qui colonisaient les squelettes d'éponges (mortes ou vivantes), coquilles d'ammonites... jouant ainsi un rôle non négligeable dans l'édification des biohermes. D'ailleurs, dans ce biotope marin tout support solide incoccupé était systématiquement encrouté par des peuplements mixtes. Généralement, le processus se déroulait en deux phases: d'abord les larves des organismes encroûtants fixes (serpules, bryzoaires...) occupaient les emplacements libres, permettant de ce fait aux adultes de se développer. Ensuite, une fois installés, ces organismes servaient à leur tour de support aux autres organismes, comme par exemple au petit brachiopode thécidéen Rioultina. L'entraide existe...

(Gaillard, C., 1983)

Rioultina, serpules et autres "encroûteurs"

Pour le meilleur et pour le pire...

...l'espèce articulée Hebertella occidentalis (Hall) doit supporter sa cousine indélicate et "collante" Petrocrania scabiosa (Hall). Ce brachiopode inarticulé a en effet élu domicile sur le dos de son hotesse ordovicienne. Post portem ou de son vivant, la question reste ouverte !

Petit glossaire

Sessile : se dit d'un organisme vivant fixé sur un support.

Zooplancton : ensemble d'animaux de petite taille vivant en suspension dans l'eau de mer.
Bioherme : roches sédimentaires (lentilles) édifiées par des organismes constructeurs (coraux, éponges...) restant le plus asouvent en position de vie.
Serpule : vers segmenté
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